Ce ne sont que de modestes reflexions d’un auditeur qui essaye d'être attentif à ce qui se passe.
BERNARD, je connais plus ton univers musical au travers des CD de la Mamiwatta. Il est original. Tu as donc la recette de l’identité musicale.
La recherche d’une identité musicale je serais tenté de dire que c’est une question de volonté et de travail solitaire (individu seul ou dans un groupe stable) pour un musicien qui, s’appuyant sur ce qu’il a pu entendre jusqu’alors, va tenter d’imposer sa propre vision des choses.
Ce qui m’inquiète chez certains jazzmen (et je rejoins ici des écrits de Brad Mehldau ou autres) c’est plus le souci de copier les soli, de se hisser au niveau technique de grands maîtres, que de développer leur propre musique. Certes c’est pratique pour participer honorablement à des jams improvisées ou acquérir une certaine reconnaissance en tant que sideman auprès d’autres musiciens, pas forcément plus géniaux, mais bénéficiant peut être de meilleurs soutiens promotionnels. Mais ça ne conduit pas au Panthéon des créateurs.
Si Ravel, Debussy, Satie, Chick Corea, Zappa, Pink Floyd, exemples au hasard, avaient suivi cette voie, ils nous auraient vraisemblablement privés de quelques interessantes pages de musique dont je ne conçois pas l’élaboration sans un important travail personnel de réflexion et de recherche, ou d’éclair de génie pour les plus chanceux.
Ils n’ont pas hésité à modifier le fonds et la forme, donnant un cadre personnel à leur musique, au risque de déplaire. Et c’est ce risque qui est peut être difficile à assumer, même par ceux qui se sentiraient en veine d’inspiration.
En définitive, la question qu’on peut se poser est la suivante : le hard bop, avec son carcan rythmique et la sempiternelle walking bass, tel que pratiqué par de nombreux organistes peut-il encore réserver des surprises 50 ans après son apparition ?
J’y crois pas trop.
