Il s'agit d'Arno KRIJGER (cherchez pas à prononcer correctement son nom, vous z'y arriveriez pas, vous vous feriez du mal pour rien...).
Belge non-francophone, et rare en France (et d'ailleurs possiblement une des premières fois).
Vraiment, interessant garçon, à plus d'un titre :
- organiste complet, basses-pédalier exclusivement (et ça soulève, pouvez me croire), accords discrets main gauche, tout ça avec une formidable aisance (et beaucoup de modestie) ;
- un jeu et une musique pleine de séduction, originale (pas de boogaloo-tagada, ça vraiment non) avec des phrases-contruction originales et fraîches, absence totale de clichés, moderne mais pas trop, un peu genre Sam Yahel ;
- et... aux commandes d'un engin que vous verrez pas partout : l'orgue télescopique.
Imaginez : pour le transport, le corps de l'orgue repose pratiquement sur le pédalier, lequel est doté de grosses roulettes facilitant déplacement-manutention. Donc une sorte de grosse malle, dont la hauteur doit faire dans les 60 cm.
Montage : deux vérins (style cric motorisé électrique) élèvent l'orgue jusqu'à hauteur pour jouer ; l'engin a alors à peu près le look d'un Bertram sur 4 pieds tubulaires. L'érection (!) nécessite 3 minutes environ. Et en fin de concert, descente idem (donc faut pas couper le jus trop tôt, sinon on est mal !). L'engin est déplacé et chargé par un homme seul (même une femme... je témoigne) et extrait ou remisé dans un combi-van, via des gouttières-alu pour handicapé.
Le son ? Il a une petite Leslie style "760N" (la spécialité belge) mais version ampli-lampes style 147, et réduite dans ses dimension genre 145, ce qui lui donne grosso-modo le volume d'une 3300. Le tout est d'un encombrement très raisonnable, puisque le fourgon vitré très confortable contient également une batterie, des affaires perso, et trois personnes facile. Avec un look autrement plus smart que la fourgonnette du plombier.

Mais tout ceci ne doit pas prendre le pas sur la musique, vraiment surprenante et soignée. Et je dois pouvoir le prouver, car il paraîtrait que j'en ai gardé quelques menus souvenirs afin d'en réduire le coté éphémère. Peut-on imaginer que j'en publierai un petit bout ?
Voilà, il y a des soirées (préparées de longue date il est vrai) qu'on est vraiment content d'avoir vécu, qui ont passé vraiment trop vite.
Notez ça quelquepart dans vos notes perso : Arno KRIJGER.